L’Union européenne : entre une union des États ou la création d’un État, il est temps de décider

Par Quentin Michel

Pour survivre et prospérer, l’Union doit susciter l’adhésion de ses citoyens mais cela ne sera réellement possible que si sa finalité est clairement définie et partagée par la majorité d’entre eux.  Cette question a été contournée par le passé avec la formule commode de l’article 1 du Traité UE exprimant une« union sans cesse plus étroite entre les peuples d’Europe » et qui permettait, tout en affirmant la volonté de renforcer l’interaction, de ne pas trancher sur la finalité du projet.

Cette solution commode a, permis à l’Union de se construire ces 60 dernières années et d’éviter de se prononcer sur sa possible mutation en un État au lendemain d’une guerre où les ambitions du III Reich avait généré de la méfiance à l’égard de toute ambition supra étatique. Aujourd’hui, l’Union est devenue une réalité dans le quotidien des citoyens et son existence n’est pas fondamentalement contestée mais son contenu et sa forme restent l’objet de perceptions multiples et contradictoires. Cette incertitude ne permet ni aux partisans d’une Europe fédérale, ni aux partisans d’une Europe des États de s’identifier et d’adhérer à l’Union européenne telle qu’elle existe. Pour les partisans d’une Union fédérale, elle n’est qu’une étape imparfaite tandis que pour les partisans d’une Union des États, elle est déjà trop avancée dans sa mutation fédérale mais les deux camps s’entendent sur le fait qu’elle n’est pas ce qu’ils souhaitent et qu’il convient de la reformer.

Quel que soit l’avenir de l’Union, il importe de se prononcer sur cette question. L’Union pourrait restée et être protéiforme pour autant que cela résulte d’un processus consenti par ses citoyens. Cette décision fondamentale doit être prise par une consultation intelligible des citoyens de l’Union.

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